les carnets

pour écrire, dessiner, noter, se souvenir…

La 1ère collection : les abécédaires

abecedaire

11 x 15,5 cm - 64 pages, sur papier éco Olin Roughar FSC, lignés et non lignés, 90 g. Prix à l’unité : 7 euros

C’est en affinité avec Gilles Deleuze et, parce que continuer de marcher dans ses pas permet de « rester debout » – en toute modestie évidemment -, que la 1ère collection de carnets présente un montage à partir de l’alphabet.

Prélevés dans la presse du moment, les thèmes et mots qui s’égrènent sur les couvertures de cette 1ère collection se font écho, reflets et écoute, de la pulsation de notre temps, de ce qui la traverse, la préoccupe, la télescope aussi.

Mais celui qui découpe y engage bien entendu sa propre résonance. Le prélèvement n’est donc pas neutre, mais il ne se fait qu’à partir des thèmes offerts par le média exploité. Le fait que s’y entrechoque une sorte de mille-feuilles n’est pas un remontage ou un tricotage, il se mesure dès qu’on feuillette très vite et négligemment un magazine ou un journal.

Proposer pour les trois 1ères lettres de l’alphabet, « Air du temps », « Bourreaux » et « Culpabilité ? » n’est pas une partition légère, certes ;-). Pour autant, cela nous reflète tellement, aujourd’hui, tant l’ironie que la (bienveillante ?) moquerie.

Ne sommes-nous pas au quotidien empêtrés dans des considérations antinomiques ? Chaque pas, chaque geste, chaque mot est motivé par un irrépressible désir suivi de près par une culpabilité nourrie de pensées obsolètes mais toujours si écrasantes ; comme si désir et culpabilité se faisant face indéfiniment et intimement, l’un ne pourrait plus fonctionner sans l’autre, au point que l’on ne sait plus, au final, qui… de la poule ou de l’œuf ?

Et la presse est l’endroit où se reflète presque cathartiquement cette question.

Alors ces trois 1ères lettres ne se sont pas embarrassées de diplomatie ou d’évitement car il est devenu évident une fois ceci posé que ce ne sera pas le lieu de ce projet. Il n’y sera pas question non plus de dénoncer ou de proposer une quelconque idée militante ; non juste d’écouter et de relever ce qui nous fait vibrer, nous effraie, nous retourne et, en les posant, de les regarder – à tout le moins -.

Les trois prochains carnets à venir, poursuivant l’alphabet avec les lettres D, E, F – une fois les 1ères obsessions lancinantes posées -, engagent un autre dialogue : « Dis-moi », « Éclore » et « Faut-il être » vacillent encore sur la question du désir et de ses  réponses mais déjà écoutent plus la pulsation intérieure, celle du ressenti : il y est plus question de « Où est-ce que je me situe, dans cet intérieur-là, moi ?»

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